En 1990, la Centrale publiait et diffusait une trousse pédagogique « Ensemble, récupérons notre planète ». Elle était alors appuyée d'organismes partenaires et collaborateurs et s'engageait concrètement en éducation relative à l'environnement dans une perspective de développement durable et d'avenir viable. D'ailleurs, en analysant le contenu du cahier pédagogique « Ensemble, récupérons notre planète », nous constatons avec fierté que celui-ci reprend presque tous les éléments de la plate-forme en éducation pour un avenir viable que la CSQ a adoptée en 1998 ! Tout à l'honneur de notre réseau de militantes et de militants qui a su maintenir une cohérence à ses engagements !
Faut-il se rappeler que la CSQ avait déjà mené de nombreuses interventions pédagogiques comme celles portant sur la récupération, les rapports hommes-femmes, la paix, la crise, les droits de la personne, etc.
Le mouvement EVB s'est donc développé grâce à un réseau d'une centaine de responsables locaux de la CSQ. Ces personnes se réunissent deux à trois fois par année, animent leur région, leur fédération et leur association, et cela, depuis novembre 1989. Entre 1989 et 1992, des milliers de réalisations ont été réussies dans le milieu scolaire en faveur des « 6 R », en vue d'un monde écologique, pacifique, solidaire et démocratique. Les établissements concernés ont utilisé le matériel pédagogique produit par la CSQ, mais aussi celui de ministères, de sociétés d'État et surtout celui provenant de plusieurs ONG déjà engagées en EAV. Notre principal partenaire aux EVB a toujours été RECYC-QUÉBEC. D'autres, comme l'AEE, Oxfam-Québec, la Fondation McConnell, Rescol, LST, etc. se sont joints à nous au fil des ans. Plusieurs ONG (ex. : ENJEU, CLUB 2/3, etc.) apportent aussi une importante contribution à ce mouvement.
Ces actions se sont toujours inspirées de la pédagogie de conscientisation ainsi que de celles de la coopération et de projet. Le rapport de la Commission mondiale sur l'environnement et le développement de l'ONU, intitulé « Notre avenir à tous », a fortement influencé ce matériel pédagogique. À cause du nom de sa présidente, Gro Harlem Brundtland, ce rapport fut alors plus connu sous le nom de « Rapport Brundtland ».
Le Sommet de Rio eut lieu en 1992. On y adopta l'Agenda 21 qui identifie plusieurs défis écologiques, pacifiques, solidaires et démocratiques, particulièrement en éducation. En même temps, on s'est rendu compte que les milliers de réalisations du milieu scolaire en faveur des « 6 R » étaient peu connues, peu reconnues, peu valorisées et presque invisibles !
C'est à ce moment-là que la CSQ, principalement avec son partenaire RECYC-QUÉBEC et avec l'appui de son réseau national des responsables locaux, a « inventé » le concept EVB.
Nous avons lancé le mouvement EVB en 1992 en visant d'abord et surtout à reconnaître, à valoriser et à rendre visible les actions déjà réalisées en faveur des « 6 R » par les jeunes et les adultes du milieu scolaire.
Du matériel (affiche, vidéo, brochures, guide d'animation, etc.) a été produit au fil des ans. Des activités d'animation et de formation se sont tenues dans plusieurs régions du Québec à chaque année. Des activités de reconnaissance EVB se sont aussi tenues au national (premier rassemblement national en 1993, un deuxième à « Solid'ERE » en 1995) et régulièrement dans les régions.
Apprendre à « agir localement et à penser collectivement », c'est ce qui a toujours inspiré les EVB. Il s'agit, bien sûr, de réaliser des activités en faveur des « 6 R », mais aussi et, surtout, d'adopter, sur une base continue, des changements individuels et collectifs à l'intérieur d'un établissement. Ce n'est pas une mode. Ce n'est pas l'accumulation d'actions à réaliser sans liens entre elles. C'est choisir d'adhérer à un mode de vie différent et à des changements de pratiques pédagogiques et/ou organisationnelles afin de susciter chez les jeunes et les adultes un espoir de changement à l'école, dans sa communauté et sur la planète. C'est donner du pouvoir aux jeunes et aux adultes afin qu'ils deviennent des instruments de transformation sociale et que cela soit reconnu localement et nationalement. Voilà le coeur du mouvement EVB. S'approprier, au national d'abord, les « bons coups » d'un plus grand nombre d'établissements tout en leur proposant des opérations nationales sans les « étouffer ». Notre défi actuel, c'est d'assurer une continuité à ces changements et à les étendre à un maximum d'établissements au Québec.
Un établissement est « vert » parce qu'il réalise des projets pour la réduction de la consommation, le réemploi, la récupération et le recyclage, donc en faveur de la conservation des ressources et des trois premiers « R ». Un établissement est « vert Brundtland » parce qu'il agit dans une perspective de développement durable et/ou d'avenir viable en réalisant aussi des actions touchant la non-violence, la résolution pacifique de conflits, la paix, le désarmement, la coopération, la compréhension internationale, la démocratie, les droits de la personne, la solidarité locale, nationale et internationale ainsi que l'ouverture sur sa communauté et sur le monde. C'est ce que nous avons appelé les trois derniers « R ».
Depuis le CG de mai 1998, le statut EVB peut être accordé à d'autres établissements que les « écoles » : centre de la petite enfance, centre d'éducation aux adultes, hôpitaux, siège administratif de syndicats et de commissions scolaires, entreprises, etc.
En 2001, la CSQ a demandé le statut EVB pour ses deux édifices, celui de Montréal et de Québec.
Le tout en ayant le plus possible une approche globale, une vision rassembleuse et un objectif intégrateur en vue d'un monde écologique, pacifique, solidaire et démocratique, ici et ailleurs sur la planète.
Le projet EVB porte donc en soi des éléments d'une vision globale de l'éducation et d'un modèle de projet de société. Le tout est lié à des orientations de la Centrale comme la « Déclaration de principes sur l'éducation », la plate-forme en EAV, nos décisions de Congrès, le plan d'action de la CSQ, le plan d'action du Comité EAV, etc.
Obtenir le statut EVB ne doit pas être un ajout. Il doit d'abord être perçu comme un atout pour chaque établissement qui adhère au mouvement. Si celui-ci suscite beaucoup d'intérêt, c'est qu'il y a des avantages à en faire partie. Être EVB, ça permet de rassembler des intervenantes et intervenants en EAV dans chaque milieu, de créer des solidarités intercatégorielles et intergénérationnelles, de valoriser notre action revendicative, professionnelle, syndicale et sociale, d'oeuvrer directement sur les lieux de travail et de reconnaître socialement l'oeuvre des jeunes et des adultes. Cela, avec un appui national de ressources-conseils, ducomité en EAV, du Comité des retraités Brundtland, de matériel pédagogique, d'un réseau national, de comités locaux en EAV, d'un site Internet, de partenaires et collaborateurs, etc.






